Se numériser pour s’adapter: l’expérience de SupInfo.

Avec le confinement, nous sommes nombreux dans le domaine de l’enseignement à avoir perdu pied. Ainsi, les écoles, collèges, lycées et centres de formation ont du réinventer l’école, en ligne, pour maintenir la continuité pédagogique. Une épreuve, un challenge.

A la Fabrik aussi, nous avons du revoir nos prestations pour les adapter à la distanciation. Quelques semaines auparavant, je n’aurais pas imaginé qu’une ” formation tout-en-ligne” sur l’agilité puisse avoir un intérêt ! De nombreuses questions pouvaient se poser.

Comment transmettre les valeurs de l’agilité alors que nous insistons tant sur l’importance de bouger, de toucher et de manipuler des objets ? Comment parler de communication non verbale alors même que, assis et concentrés derrière nos écrans, nous nous retrouvons privés d’une partie de nos sens et de nos mouvements ? Non, vraiment, il semblait évident que l’apprentissage de l’agilité n’avait rien à voir avec la pédagogie en ligne….Et pourtant…”

Pourtant…

Rencontre avec une organisation hybride

Cela fait maintenant 4 ans que j’interviens dans cette école d’ingénieur en informatique.

Installée sur plus de 20 campus en métropole et dans les départements d’Outre-Mer, SupInfo accueille 130000 inscrits. Le système pédagogique permettant cette capacité d’accueil repose, entre autres, sur le concept de “full professors”. Un full professor est responsable du contenu pédagogique pour un module et pour plusieurs campus. La réalisation en présentiel des cours est assurée par des intervenants locaux, briefés, à distance, par le “full professor”.

Cette année, forte de ce système bien huilé, l’école a mis en place ce que l’on appelle le “Blended Learning“, un apprentissage mixe, alliant distanciel et présentiel. Les étudiants viennent en classe, déjà instruits des cours fournis sur leur plateforme pédagogique. Le cours en présentiel est alors réservé à l’échange, à la collaboration et aux travaux pratiques. L’étudiant est acteur de son apprentissage, grâce aux modules personnalisés et interactifs de la plateforme numérique et grâce à son implication en présentiel.

Avec le confinement, la plateforme de “e-learning” déjà installée à SupInfo a malgré la situation, facilité le passage au “tout distanciel”.

Une expérience “out of the box”

Avril 2020, je devais donc recontacter SupInfo pour la préparation de ces séances agiles, me demandant s’ils maintiendraient les cours dans ces conditions. En effet, quelle serait ma plus-value ? Sans présentiel, exit les jeux de Lego et autres activités collaboratives où l’on bouge, rit, s’interpelle et partage papier, crayons, chaises et bureaux !

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque Muriel, Campus manager du site de Caen, me rappela avec enthousiasme, certaine de me voir revenir avec de nouveaux jeux alternatifs en virtuel en lieu et place des Legos !

Et effectivement, la contrainte de la distance n’empêche pas l’agilité. Bien au contraire. Il faut user d’imagination et d’astuces pour donner l’illusion du rapprochement et retrouver les rouages de la collaboration.

Il est vrai qu’à distance, il est difficile de rendre actifs les étudiants en les invitant à se déplacer. Mais, il est possible de dynamiser le groupe en les sollicitant pour créer des espaces virtuels d’échange, installer un environnement collaboratif de dessin, réagir, participer, oser

En tant qu’enseignant, nous n’avons plus (sans vidéo) les signaux non verbaux pour nous aider à adapter notre discours à notre public. Il est important de rappeler régulièrement aux étudiants l‘importance du retour oral, de les inviter à accuser réception des consignes par un mot ou un écrit dans le chat, de formuler leurs réactions (incompréhensions, étonnements, désaccords…). De très bonnes habitudes à prendre aussi en période de non-confinement…

De même, il est difficile de deviner la gêne de certains pour s’exprimer et donc de répartir la parole de façon équitable sans l’usage de bâton de parole. Mais, à l’inverse, on remarque que, devenus quasi-anonymes avec l’absence de l’image, certains participants gagnent en confiance et en assurance et on est étonné de certaines prises de paroles osées.

On est également étonné des facilités de suivi pédagogique que procure l’enseignement à distance. De mon poste, je peux parcourir les onglets de travail : un onglet correspondant à au tableau interactif d’un groupe de travail. Je peux observer le travail réalisé en temps réel, sans perturber les étudiants qui sont en train d’écrire ou bouger des post-its. Je ne les entends pas mais je peux voir leurs hésitations (ou au contraire leur assurance), leur manière d’interpréter les consignes ou encore leur manière de collaborer… Je peux alors intervenir rapidement pour les aider de façon pertinente et quasi-simultanée et ceci, sur plusieurs groupes en parallèle.

Finalement, le contexte ne m’aura pas permis de dérouler les activités ludiques habituelles mais je m’aperçois qu’en usant d’astuces pour mettre en oeuvre un maximum de principes agiles et en essayant de tirer un maximum des avantages du distanciel, il est toujours possible d’amener les étudiants à faire des expériences d’apprentissages intéressantes et qui changent du traditionnel cours descendant.

Ne pas rester campé sur ses certitudes pour avancer.

Cette collaboration avec SupInfo est une expérience qui ne cesse de grandir avec le temps et qui nous aura aidés à ne pas rester campés sur certaines de nos certitudes. Chaque année, je viens pour partager toujours plus de connaissances et d’expériences. Et cette année, je repars avec de nouvelles perspectives ! Oui le numérique est un atout indéniable pour faciliter l’adaptation et oui cela n’empêche indéniablement pas le contact. L’agilité aide à faire que ces contraintes ne soient plus subies mais bien vécues comme une opportunité intéressante à explorer.

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